Photo 1 État après restauration.

Restauration d’un banc de chœur conservé dans l’église de Cherré (Sarthe).

Ce banc est une création « récente » (XIX-XXème siècle ?) qui intègre des œuvres antérieures dans sa conception. Ainsi l’essentiel des éléments sculptés est nettement plus ancien. C’est également le cas des cuirs dorés polychromes qui peuvent être datés du début du 18ème siècle.
Ce type de réemploi est fréquent. Dans le cas précis, il s’agit de huit carreaux de tentures murales qui ont été réassemblés pour former une assise, un dossier et deux parois latérales.

Les dimensions d’origine de chacun des carreaux ne sont pas conservées. Ils ont été tronqués puis associés au moyen de bandes de cuir brut intercalaires lacées. Les surfaces ont ensuite été doublées en plein avec une toile grossière teintée (collage à la colle de peau). Puis l’ensemble a été mis en place sur le banc par clouage avec des clous de tapissier (doré à tête bombée).

Dans la mesure où le banc est un meuble complet, il était souhaitable d’entreprendre, en parallèle à la restauration des cuirs, la restauration des parties en bois ainsi que la désinsectisation de l’ensemble (travail réalisé par Mme Florence Lelong, restauratrice de sculptures).
Pour les cuirs, la restauration proposée était aussi peu interventionniste que possible. L’opération visait à conserver absolument les assemblages originaux ainsi que les traces d’utilisation.

Datation : pour le cuir doré, première moitié du 18ème siècle. Pays-Bas.

Photo 2 Tests de nettoyage des surfaces de cuir peintes.
Photo 3 État après restauration.
Photo 1 Etat avant restauration d’une des deux sandales.

Restauration d’une paire de sandales coptes conservée au musée du Louvre à Paris

Une paire de sandales en cuir, provenant de tombes découvertes sur le site d’Antinoë (Égypte) a été restaurée pour le musée du Louvre.

Le cuir portait une décoration à la feuille d’or avec des ciselures. Les sandales étaient dans un état très moyen. Elles étaient écrasées et les lanières n’étaient que peu ou plus du tout maintenues à leur emplacement d’origine. Elles étaient sales et les dorures étaient atténuées.

Dans la mesure où il existait pour chaque sandale un modèle des lanières manquantes, on a procédé par patron pour reproduire les lanières ou portions disparues. Puis ces nouveaux éléments ont été repositionnés à l’emplacement original par doublage avec de petites portions d’intissé polyester réactivées à la chaleur. Les lanières ont été remises en forme et fixées à l’avant des sandales avec des liens en cuir moderne. Une réintégration a été effectuée côté fleur sur ces portions de cuir moderne pour les rendre plus discrètes.

Datation : Égypte, période copte, postérieure à 130 ap.J.C.

Photo 2 Etat en cours de remontage des lanières.
Photo 3 Collage après remise en forme. Réintégration colorée des portions de cuir restituées.
Photo 1 Nettoyage de la chaise dans les salles du musée.

Restauration d’une chaise à porteurs conservée à la Maison Bonaparte à Ajaccio

La chaise à porteurs dite de « Laetitia Bonaparte » a été restaurée in situ dans les salles d’exposition ouvertes au public.

En mauvais état, elle était très empoussiérée et encrassée. Ayant fait l’objet de plusieurs campagnes de réparation avec des cuirs de couleurs et d’aspect divers, elle présentait de nouvelles déchirures et accidents superficiels. La décoration en bois doré était très dégradée et lacunaire.

Historiquement, des éléments de bois doré, de textile et de cuir, ont été régulièrement prélevés par le passé pour être offerts à des visiteurs de marque. Ceci explique l’état de la chaise aujourd’hui…

La restauration proposée incluait le nettoyage de la chaise, la consolidation des éléments fragiles, le refixage des soulèvements du cuir, la consolidation des déchirures, le marquage de l’objet.

Datation : fin du 18èmes.

Photo 2 Nettoyage de la chaise dans les salles du musée.
Photo 3 Pose de doublages consolidants sur une déchirure et des lacunes (Avant).
Photo 1 Reconstitution de portions disparues

Restauration d’une outre en peau de chèvre de la Maison Bonaparte à Ajaccio

Cette outre en peau de chèvre retournée, ligaturée aux pattes et à la tête, a été rembourrée avec des matériaux végétaux (paille et copeaux). L’objet est très empoussiéré et très encrassé. Il présente des manques importants, aux bords sombres et cassants (comme brûlés ?). Les matériaux de remplissage s’échappent de ces orifices : l’objet est très difficilement manipulable. Dans la mesure où l’objet est en exposition permanente, il était indispensable d’effectuer un nettoyage et des consolidations.

Datation : 19ème siècle.

Photo 2 Etat avant restauration
Photo 3 Etat après restauration
Photo 1 La couture dans l’axe du talon est refaite à l’identique

Chaussure archéologique en cuir gorgé d’eau découverte sur l’épave de la Jeanne-Elisabeth (1755)

La chaussure en cuir a été découverte en 2011 sur l’épave de la Jeanne-Elisabeth (coulée en 1755 au large du Languedoc-Roussillon). Le traitement par imprégnation et lyophilisation a permis de stabiliser le cuir et a autorisé des manipulations pour étude. A l’issue de cette intervention, le remontage et la remise en forme de la chaussure ont été effectués dans l’objectif d’une présentation en exposition (http://musee-histoire-marseille-voie-historique.fr). Il s’agit d’un modèle à bout rond, boucle détachable et talon bottier. Le cuir est employé fleur à l’extérieur. La pointure estimée est de l’ordre du 36/37. Il s’agit probablement d’un pied gauche. C’est une chaussure qui présente deux quartiers, cousus dans l’axe du talon, s’allongeant vers l’avant pour former deux fines bandes effilées. On dénomme ces extrémités oreilles ou ailes de quartier. Munies de trous, les oreilles permettent le passage d’une boucle métallique qui les relie. La boucle a disparu mais les traces permettent de dire qu’il s’agissait d’une boucle amovible à pivot avec un ardillon simple.

Datation : 1755

Photo 2 Etat avant traitement
Photo 3 Etat après traitement et restauration
Photo 1 Etat du panneau avant sa restauration

Panneau en cuir doré polychrome repoussé du château de Villeneuve-Lembron (63)

Il s’agit d’un petit panneau constitué de divers éléments provenant originellement de tentures décoratives en cuir doré polychrome. Au milieu de rinceaux, un putto s’accoude à un vase orné, en étant alternativement placé à gauche ou à droite de celui-ci. La réunion de deux carreaux permet normalement d’avoir un vase entier. Malheureusement une restauration ancienne a gravement endommagé l’œuvre en altérant la lecture et la compréhension des motifs. Nous avons donc procédé à une dérestauration complète, restitué les coutures disparues et équipé le décor d’un nouveau système de tension pour qu’il puisse être à nouveau exposé.
Ce décor est le seul connu de ce type en France.

Datation : seconde moitié du 18ème siècle. Sans doute une production française de la vallée du Rhône.

Photo 2 Elimination des anciennes restaurations au revers
Photo 3 Etat après restitution des coutures et remontage.
Photo 1 Restauration en atelier et assemblage des carreaux.

Tentures murales en cuir velouté du Musée Estienne de Saint Jean (Musée du Vieil Aix) à Aix-en-Provence

Un décor d’environ 74 m2 a été restauré à l’atelier et remis en place dans une des nouvelles salles d’exposition du musée inaugurée le 14 décembre 2016 (www.aixenprovence.fr) . Ces tentures sont anciennes et très originales : il s’agit d’un des rares cas de cuirs veloutés que l’on conserve en France. Leur superficie ainsi que leur état de conservation ajoutent à leur caractère exceptionnel. Déposées en avril 2010, transportées au 2CRC puis restaurées au printemps 2011, elles ont été réinstallées en avril 2016 après validation d’un calepinage complexe et du nouveau mode d’accrochage suspendu.

Datation : fin du 17ème siècle, France ? Italie ?

Photo 2 Pose des surfaces flottantes sur les murs de la salle d’exposition
Photo 3 Etat après installation et avant mise en place des plinthes
Photo 1 Mule avant conservation restauration

Mules archéologiques de Louise de Quengo (1656), couvent des Jacobins de Rennes

Une paire de mules a été découvertes par les archéologues de l'INRAP à Rennes. Elles étaient conservées aux pieds d'une défunte inhumée dans un sarcophage de plomb en 1656. Cette sépulture a fait l'objet d'un travail de recherche et de conservation inédit qui a permis de révéler des informations sur les pratiques funéraires de l'époque. Nous avons assuré le traitement de conservation et la restauration des mules, en parallèle à celui effectué sur les vêtements par le laboratoire Materia Viva à Toulouse.
Lien : www.inrap.fr

Photo 2 Nettoyage des mules
Photo 3 Mules apres restauration dans leur boite de stockage
Photo 1 Déchirures sur un accotoir

Fauteuils du musée national du château de Pau

Une série de fauteuils du grand salon du château de Pau a été restaurée. Datant du milieu du 19ème siècle, ces garnitures sont dorées à la feuille. Très usées, notamment sur les assises et les accotoirs, elles sont néanmoins conservées en place et restaurées par insertion de doublages, comblement et réintégration colorée. L'objectif était aujourd'hui de conserver l'intégrité des fauteuils (alors que certains exemplaires avaient déjà été dégarnis par le passé et le cuir d'origine remplacé).

Photo 2 Fauteuil avant restauration château de Pau
Photo 3 Restauration de l'accotoir en cours
Photo 1 Depose du cuir du contreplaqué sur lequel il était collé

Antependium en cuir doré polychrome de l'ensemble conventuel des Jacobins à Toulouse

Un devant d'autel en cuir doré et peint a été restauré à l'atelier. Originellement conservé dans l'église des Jacobins à Toulouse, il a été réinstallé sur l'autel du rosaire. Mal restauré par le passé, il a été désolidarisé d'une plaque de contreplaqué sur laquelle il était collé et très contraint. La surface a été remise en forme, consolidée, retouchée et le cuir a été remonté sur un nouveau châssis tenseur qui respectera les mouvements du cuir. Il a été encadré et protégé par un verre organique.

Datation : milieu du 18ème siècle, Italie.

Photo 2 Protection de la couche picturale du cuir
Photo 3 Retouche colorée des surfaces peintes
Photo 1 Couture des carreaux de la tenture en cuir doré

Décor en cuir doré polychrome du château de l'Isle (Suisse)

Un décor mural en cuir doré et peint a été restauré à l'atelier. Originellement conservé au château de l'Isle en Suisse, il a rejoint le grand salon de ce château. Les surfaces ont été nettoyées, remises en forme, réassemblées, retouchées et ont été réinstallées sur un nouveau système de châssis tenseurs qui respecte les mouvements du cuir.

Datation : fin du 17ème siècle, Pays-Bas.

Photo 2 Nettoyage de la tenture en cuir doré
Photo 3 Tenture en cuir doré en cours de restauration